Des jonquilles à foisons

Il est 11 h 30. Mon téléphone sonne. Noémie, animatrice responsable des sorties familiales organisées par les centres sociaux de la ville d’Autun s'inquiète. La météo n'incite pas à aller batifoler dans les bois mais, comme tout est organisé, des minibus au goûter à l'auberge de la Croix Messire Jean, nous décidons de nous adapter en fonction des conditions climatiques rencontrées en cours d'après-midi.
13 h 30 : Pour la première fois en 25 ans, aucun Amurien n'est au lieu de rendez-vous devant la mairie de Broye.
Je démarre seul, espérant que certains auront choisi d'attendre à Uchon.
Je rattrape à mi-côte les deux minibus de la ville d'Autun.
Nous voici sur place. Décidément Amurien ne rime pas avec amphibien ; personne...
Je fais connaissance avec les Autunois équipés de pied en cap pour affronter l'humidité. Nous serons donc un peu plus d'une dizaine à arpenter le plateau uchonais,
Il bruine, la visibilité est limitée, il ne fait pas chaud. Nous adoptons le plan B. Minimum de commentaires sur le parcours et impasse sur les rochers du Carnaval, nous ne verrions rien. Arrivés à l'embranchement du chemin permettant d'accéder à la Pierre qui Croule, nouveau conciliabule. Nous décidons de faire le détour. Bien nous en a pris. Ce rocher, objet de légendes a-t-il des pouvoirs magiques ? La pluie est de plus en plus faible et elle finit par cesser au tiers de notre parcours.
La pluie a cessé

Sur les sentiers

Les jonquilles sont au rendez-vous

Cueillette

Chacun a son bouquet

J'avais reconnu la marche au cours de la semaine. Les jonquilles commençaient à s'épanouir mais en trois jours, elles se sont transformées. C'est un vrai tapis fleuri qui s'offre à notre vue. Il faut se déplacer avec précaution pour ne pas écraser les plants. Les ronces ne se développent   pas trop d'années en années et le lieu n'est pas aussi marécageux que sur d'autres sites.
Chacun a son bouquet ; cueillette ne signifie pas pillage.
Le retour au parking pèse dans les jambes de certains, pas dans celles des enfants qui donnent le rythme.
A l'intérieur de l'auberge règne une bonne chaleur. Nous avons maintenant les joues en feu. Le chocolat chaud fait l'unanimité. La tarte aux myrtilles l'emporte de peu sur les crêpes.
Le bilan de cet après-midi est positif : un ciel maussade, certes mais des jonquilles à foisons et un goûter de qualité. Rendez-vous est pris avec l'animatrice pour une prochaine sortie, peut-être une marche douce.

Petite leçon de français

Origine supposée de l'expression "de pied en cap"                      
Un pied, vous devriez savoir ce que c'est. Vous en avez normalement deux et ils vous sont plutôt utiles.
Mais lorsqu'on vous parle de cap, vous pouvez penser à un nez ou une péninsule, si vous aimez Cyrano de Bergerac, ou, plus simplement, au cap Gris-Nez ou au cap de Bonne Espérance. Ce qui serait une grossière erreur.
Alors nous allons nous déplacer en Provence pour comprendre quel est le cap qui nous intéresse ici.
En effet, dans cette belle région, au XIIIe siècle, le mot, issu du latin caput, signifiait « tête ». On le retrouvait également dans l'ancienne expression se trouver cap à cap avec quelqu'un qui était identique à notre se trouver tête à tête avec quelqu'un d'aujourd'hui.
Il paraît donc maintenant évident, surtout lorsqu'on sait que notre expression (qui date du XIVe siècle) est généralement précédée de armé, équipé ou habillé, que son équivalent moderne est des pieds à la tête ou entièrement.

Des subtilités qui n'en sont pas.
Commencer à, commencer de (+ infinitif)
Commencer à
se dirait d'une action qui n'est pas renfermée dans des limites précises, qui est susceptible de progrès. L'accent est mis sur l'action exprimée par l'infinitif.
Cet enfant commence à parler, à écrire (il entame un processus de longue haleine, qui aboutira au fait de savoir parler, de savoir écrire).
Il commence à s'intéresser à la Bourse, afin de faire fructifier son argent.
Le temps commence à changer.
Commencer de se dirait d'une action circonscrite, qui ne suppose pas de développement, qui ne tend pas à un but. L'accent est mis sur le fait de commencer.
L'orateur commençait à peine de parler quand on lui coupa la parole.
Je n'ai pas encore commencé de prendre des notes.
Quand le tonnerre commence de gronder, il faut s'attendre à un orage.

Remarques : Dans la pratique, le choix entre à et de relève le plus souvent d'un souci d'euphonie, à en croire Thomas, Girodet et Grevisse. C'est donc l'oreille qui aurait le dernier mot.
Il commença d'apprendre l'anglais (pour éviter l'hiatus – frottement entre voyelles – commença à apprendre).
Il continue à demander la même chose (pour éviter la répétition de demander).
 
Encore plus simple : pour Grevisse et Hanse, les deux constructions sont correctes et de sens équivalent. Ouf, on commençait à/de s'inquiéter.

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